L’être désigne dans les créatures une perfection que n’est pas analogique, mais qui est celle d’un genre; il faut donc dire que la matière se retrouve, au sens propre du mot, dans tous les êtres concrets. C’est là, nous a-t-il semblé, un des points importants de l’argumentation de saint Bonaventure et qui nous servira à l’opposer tout à l’heure à celle de saint Thomas. Dans la philosophie bonaventurienne, l’être est sans doute une notion analogique, mais c’est seulement lorsqu’on considère la communauté qu’elle désigne de Dieu à la créature. A l’intérieur du domaine des créatures, elle redevient une notion univoque.
"Being designates [for St Bonaventure] a perfection in creatures which is not analogical, but which belongs to a genus; one must then say that matter in the proper sense of the word is found in all concrete beings. This is, it seems to us, one of the most important points in St Bonaventure's argument by which we may compare it to that of St Thomas. In Bonaventurian philosophy, being is without doubt an analogical concept, but this is only when one considers the community between God and creature which it designates. Within the domain of creatures, it becomes a univocal concept."
--Aimé Forest, La Structure métaphysique du concret selon Saint Thomas d'Aquin, 118.